Bienvenue dans la Jungle !

Sous une chaleur épuisante et entourés de cabanes, caravanes, tentes et abris de fortune, nous avions du mal à nous croire en France ! Nous avions plutôt l’impression de traverser des pays africains et asiatiques et de passer d’un continent à un autre en l’espace de quelques minutes. Tout est là : quartiers « organisés » selon les pays d’origine, boutiques de vêtements, restaurants, écoles. Excepté le fait que tout est provisoire, bricolé… Bienvenue dans la Jungle !

Bienvenue dans la Jungle de Calais, où se croisent réfugiés, bénévoles et CRS dans un va-et-vient constant, et où cohabitent la misère et l’espoir, la pauvreté et la générosité, la mort et la vie.
Avec une équipe d’une dizaine de personnes, nous avons passé une semaine avec des membres d’une église de Saint Omer, qui se rendent régulièrement dans le camp de réfugiés de Calais.
Après des moments de louange et de formation le matin, nous partions au camp pour rencontrer ces personnes précieuses aux yeux de Dieu et leur apporter un peu d’espoir.

Les craintes du premier jour se sont vite évaporées face à l’amabilité et à la générosité de la grande majorité des réfugiés habitant le camp. Quels retournements de situation ! Nous étions là pour les accueillir, ils nous ont donné à manger. Nous étions là pour leur donner des vêtements et des chaussures, ils nous ont accueillis chez eux.
Parlant plusieurs langues orientales, certains membres de notre équipe ont pu tisser des liens avec des réfugiés originaires du Soudan, de l’Afghanistan, de l’Erythrée de l’Ethiopie et de la Syrie. D’autres ont pu intervenir dans l’école non officielle du camp, pour enseigner le français ou l’anglais en petits groupes. Par le biais d’enregistrements bibliques en différentes langues transférés par Bluetooth, nous avons pu leur laisser le message d’espérance le plus important de tous : Jésus est le Sauveur !
Car des messages d’espérance, il y en a ! Celui de traverser la Manche pour y trouver l’Eldorado. Celui d’avoir des papiers en règle, de voir accepter sa demande d’asile, de revoir sa famille et ses enfants. C’est vrai qu’il n’est pas facile de voir au-delà de ces désirs fondamentaux, que nous mettons en perspective avec nos propres soucis, souvent de moindre importance. Prions pour que Jésus devienne leur plus grande espérance ! Et pour que nous puissions fidèlement partager cette espérance : « Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix. Seigneur, fais de nous des bâtisseurs d’amour. Là où se trouve le désespoir, que nous apportions l’espérance ; Là où se trouve les ténèbres, que nous apportions la lumière ; Là où se trouve la tristesse, que nous apportions la joie. » (extrait de la prière de Saint-François d’Assise)

Simon Yeomans, directeur d’OM France