Et après ?

Il est généralement plus facile, après un évènement et avec le recul, de voir ce qui aurait pu être évité. Mais en ce qui concerne les évènements tragiques qui ont eu lieu à Paris en novembre dernier, cela reste discutable.

Alors que la police et les experts antiterroristes recherchent les causes et proposent des lois pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, chacun apporte ses conclusions. Est-ce la faute de l’ouverture des frontières entre les pays européens ? Ou bien, est-ce la conséquence d’un manque de communication entre la police française et la police belge ? Ou est-ce encore le résultat de notre inaptitude à éduquer les jeunes aux  valeurs de tolérance et de fraternité ?  

Ceci dit, l’élément le plus choquant est probablement la cible si largement visée lors de la fusillade : n’importe quoi et n’importe qui ! Lors de la fusillade de Charlie Hebdo en janvier 2014, l’objectif visé était clair, bien que terrifiant. En novembre dernier, l’horreur a atteint un autre niveau : tout âge, toute religion, toute nationalité, tout arrière-plan, tout le monde et donc n’importe qui !

Et bien sûr, c’est intentionnel. En effet, si tout le monde est ciblé, nous devons tous être sur nos gardes. Lorsque la peur est omniprésente, les gens n’osent plus sortir et les touristes annulent leurs vacances ; la Ville de Lumière devient alors une ville fantôme. Sans compter sur la ténacité de la plupart des habitants, choisissant de rejeter la peur et de continuer à vivre comme auparavant, un tel scénario aurait été envisageable.

Et oui, nous continuons à vivre comme auparavant ! Nos vies remplies nous maintiennent dans l’action et nous poussent vers l’avant. Comme toutes choses, cela a ses avantages et ses inconvénients.  Les mécanismes de défense sont cohérents s’ils nous empêchent de sombrer. Mais poussés à l’extrême, ils nous empêchent aussi de réfléchir sur les questions profondes.  

Ils éloignent nos esprits de la destinée qui attend chaque être humain et nous gardent focalisés sur le présent. Nous devons plutôt nous arrêter pour revoir nos priorités, faire le point.

J’aimerais bien pouvoir dire que des évènements tragiques nous mettent en relation avec nous-mêmes, nous font réfléchir au sens de la vie et nous rapprochent de Dieu. Mais souvent ces bonnes résolutions ne durent que quelques jours ! Que Dieu nous aide à faire le point. Que son Esprit nous parle, anéantissant notre indifférence et nous attirant à lui. Car son amour non plus ne fait pas de sélections, il est offert gratuitement à tous ceux qui veulent le recevoir, à tout le monde sans exception !

Simon Yeomans, directeur d’OM France.